Rhinoplastie secondaire

La chirurgie de la pointe du nez est elle seule un résumé des différents problèmes posés par la chirurgie esthétique.

Élément central du visage certes, mais organe sain, gênant peut-être mais non pathologique, cette chirurgie pose d’abord un problème d’ordre éthique.

La modification de la pointe du nez vaut-elle les risques encourus par une intervention chirurgicale ?

Si cette intervention devait se limiter à une chirurgie sur organe sain, elle pose déjà le problème fondamental de l’opportunité d’un geste esthétique en matière chirurgicale.

Le deuxième problème est d’ordre purement esthétique : l’analyse clinique, radiologique ou informatique n’exclut pas la subjectivité de la demande du patient et les critères eux-mêmes subjectifs du chirurgien.

Enfin, un problème d’ordre technique car les aléas sont nombreux au cours de cette intervention chirurgicale qui pourraient venir contrarier le résultat escompté.

La pointe du nez est-elle réellement inesthétique et la fixation qu’en fait le patient ne conduit-elle pas parfois qu’à une correction d’ordre psychologique ?

Si pour la chirurgie esthétique on a effectivement parlé de psychochirurgie, il conviendrait alors de remettre en question le terme de chirurgie sur organe sain car cette chirurgie opère sur l’organisme qui lui est en état de malaise.

Revenons alors aux bases originelles de la médecine où le corps et l’esprit faisaient partie d’une même entité indissociable pour le praticien : l’intervention de la pointe du nez pourrait alors trouver une légitimité thérapeutique.

Faudrait-il pour autant la caution systématique d’un psychologue qui autoriserait ou non cette opération, définissant ainsi une frontière du pathologique ?

Se serait alors priver le plasticien d’une partie essentielle de son analyse clinique et de son indication thérapeutique, qui est justement la motivation du patient.

On conclurait alors que le chirurgien plasticien, ou le chirurgien  » psychoplasticien « , analysant un état anatomique et le comparant à un vécu psychologique, étudiant enfin les possibilités techniques, exerce alors un acte médical au sens complet du terme.

CONCLUSION

La culture est le langage d’une société. Elle traduit son fonctionnement et ses institutions et s’exprime aussi bien dans l’organisation globale de cette société que dans le moindre de ses détails. L’apparence d’un individu s’intègre dans cet espace culturel et social.

La chirurgie esthétique apparaît alors sous un jour tout à fait particulier. Élément culturel à part entière, elle participe à l’adaptation et à l’évolution de la nature.
Métamorphose formelle, elle constitue une véritable thérapie de l’image de soi et trouve une spécificité toute particulière dans le caractère définitif de son efficacité.
Cette nouvelle morale du corps va dans le sens d’un renforcement de l’identité individuelle. Il ne s’agit plus de se conformer à un canon idéal de beauté et d’harmonie, mais de trouver l’harmonie singulière de son propre corps.

Ainsi chacun pourra sculpter sa propre statue et rompre définitivement avec la célèbre formule de Freud qui a pesé sans qu’elle le sache sur nombre de générations :  » l’Anatomie, c’est le destin ! «